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Le retable

Date :: 29 Mars 2010
Catégorie :: Patrimoine

L’église Saint Etienne de Bessas abrite en son chœur un retable en bois polychrome inscrit le 10 octobre 2001 par arrêté préfectoral à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Il est daté du milieu du XVIIème siècle et entoure un tableau du XVIIIème siècle représentant la vision de Saint Etienne.

Qui était Saint Etienne ?

Son nom provient du grec Stephanos qui signifie « couronne ». Le personnage de Saint-Étienne, premier martyr de la chrétienté, apparaît comme étant à l’origine du culte des saints.

L’existence d’Étienne est attestée pour la première fois dans les Actes des apôtres au chapitre VI, où il est présenté comme un juif helléniste (juif de langue grecque mais résidant en Palestine) converti au christianisme ; choisi avec six autres « hommes de bonne réputation, d’esprit saint et de sagesse » pour venir en aide aux veuves et aux pauvres, instituant une communauté de sept serviteurs (diakonoi qui signifie diacre), notamment pour le « service des tables ». Les autres premiers diacres étant Philippe, Prochore, Nicador, Timon, Parménas et Nicolas.


 

Étienne devient rapidement un personnage soit admiré, soit fortement haï à Jérusalem. C’est un érudit jamais pris en défaut et un éclatant dialecticien. De plus, il accomplit des prodiges et des signes remarquables parmi le peuple.
Devant le Sanhédrin (ancien conseil suprême du Judaïsme siégeant à Jérusalem) on confronte Étienne à de faux témoins l’accusant de quatre blasphèmes : contre Dieu, contre Moïse, contre la Loi et contre le Temple de Jérusalem. Il se disculpe de ces accusations et il reproche à ses juges « la dureté de leurs cœurs et la mise à mort des Saints ».
Se sentant blessés, tous se jettent sur Étienne, le traîne hors les murs de Jérusalem et le lapident à mort.

Un certain Saul de Tarse assiste à la scène, garde les vêtements des assassins et approuve ce meurtre. Il est plus connu sous le nom de Saint-Paul qui aura la vision du Christ sur le chemin de Damas.

Selon Jacques de Voragine, hagiographe du Moyen-Âge (branche de l’Histoire religieuse qui traite de la vie et du culte des Saints), la lapidation eut lieu en 37 après JC.
Étienne est le premier à faire une prière Chrétienne, adressée à Dieu. Avant de mourir, il dira « Jésus, reçois mon esprit » et sa dernière parole à Dieu « Seigneur Dieu, ne leur impute pas ce pêché ». Jésus a aussi eu cette parole lors de sa crucifixion.

Étienne était un véritable Thaumaturge (personne qui prétend faire des miracles). Ainsi en est-il de fleurs qui étaient posées sur l’autel de Saint-Étienne puis appliquées sur des malades qui guérissaient miraculeusement.
Étienne est fêté le 26 décembre, lendemain de la naissance du Christ.
Un retable est une construction verticale, portant un décor peint ou sculpté placé sur un autel ou en retrait de celui-ci. Il est des plus intéressants car l’église de Bessas reste l’une des seules communes d’Ardèche à en conserver un de la sorte.
En 1995, l’association diocésaine de Viviers, avec l’accord du conseil paroissial de Bessas, ayant pour représentant M. Jean Pierre Cheyrezy, vend la cure à un particulier de la commune.
En 1996, une partie de l’argent de la vente permet la réfection de la toiture de l’église.
En novembre 1998 débutent les travaux de restauration de l’intérieur de l’église, financé par le conseil paroissial qui est en même temps maître d’ouvrage.

Lors des travaux, le retable a du être déplacé et entreposé dans un garage puis dans la grange de M. Jean Pierre Cheyrezy.
Ce dernier prend contact avec M. Dominique Dupraz, alors Conservateur des Antiquités et Objets d’Art Sacrés de l’ardèche.
Suite à la visite de M. Dupraz en février 2000 chez M. Cheyrezy, le retable et son tableau seront inscrit.
Pendant 4 ans, cet objet patrimonial est resté rangé dans la remise de M. Cheyrezy.
En 2002, le retable retrouve son église, où il est déposé dans un coin. La nouvelle municipalité de l’époque (les élections ayant eu lieu en mars 2001), décide alors d’entreprendre une restauration du retable et de confier les travaux à Philippe Capron, conservateur-restaurateur du patrimoine, agrée musées de France et Monuments Historiques, demeurant à Baron près d’Uzès, et à Catherine Scotto pour la restauration du tableau.

Pourquoi un retable ?

Au milieu du XVIe siècle le monde catholique est entré dans un grand mouvement de rénovation inauguré par le Concile de Trente (Italie). Ce concile est une réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la Réforme protestante, il débute le 13 décembre 1545. Il se déroule en dix-huit ans, sur vingt-cinq sessions, cinq pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV) et trois villes. A partir de cette date, les évêques ont encouragé l’embellissement des églises.

Les instructions pour la construction et l’ameublement des églises, préconisées par Saint-Charles de Borromée, neveu du Pape Pie IV, l’une des figures du Concile de Trente, vont devenir une référence en France.

Une place d’honneur est accordée dans les retables au patron de la paroisse et la multiplication des représentations d’angelots.

Les retables se sont développés en Ardèche (Quintenas, Les Vans, Gravières, Payzac, Saint Jean de Pourcharesse, Aubenas ou Bourg Saint Andeol) et dans beaucoup d’autres régions françaises aux XVII et XVIIIe siècles.

Le pan central était toujours occupé par une toile peinte ou un bas relief représentant une scène de la vie du Christ ou de la Vierge Marie, ou encore un épisode de la vie d’un Saint (ici la vision de Saint-Étienne).

Au XVIe siècle, l’Ardèche, dite alors Province du Vivarais, compte de nombreux foyers protestants dans le nord et quelques îlots vers les Vans ou Vallon. Occupant une position stratégique entre Genève et le Languedoc, le Vivarais subit de plein fouet les guerres de religion (Louis XIII viendra notamment assiéger Privas en 1629). Les protestants sont alors persécutés. En 1702 (peut avant la fabrication du retable), les maquisards se révoltent dans le Vivarais. Leur chef, Jean Cavalier, attaque le château de Labastide-de-Virac et les 9 et 10 février se déroule la bataille de Vagnas. En juin 1704, Jean Cavalier se rend, c’est la fin de la résistance protestante en Vivarais.
Ce retable est donc plus qu’une œuvre d’art, c’est tout à la fois un rappel des fondements de la religion catholique destiné aux fidèles et une réplique aux thèses de Luther et Calvin.
Elément majeur d’un ameublement d’église, le retable est à la fois une structure architecturale et un système d’image associant sculpture et peinture. Richement décoré (pilastres, dorures, volutes), il vise d’abord à éblouir et à susciter l’adoration. Mais il est aussi l’illustration du dogme. Dans son architecture générale comme son décor, il est tout entier une réfutation du protestantisme.

Le retable type comporte trois étages que l’on va décrire :
•    le premier auquel l’autel, à la fois table de la cène et tombeau du Christ, peut être rattaché, symbolise la Terre à travers Jésus, fait Homme.

•    Le deuxième est consacré aux Saints, intercesseurs entre la Terre et le Ciel. Il s’agit là, encore une fois, de s’opposer aux protestants qui ne les reconnaissent pas. Ici, nous avons la représentation de Saint-Étienne ayant la vision de l’ouverture des Cieux. Sur les parties latérales du retable, symétriques entre elles, on note la présence de pilastres, ornées de chutes de feuilles d’acanthe. Les volutes sont elles aussi entourées de feuilles d’acanthe (fleur cultivée dans le Midi de la France et qui orne le plus souvent les colonnes de style corinthien). On note aussi la présence de faux marbres sur ces parties latérales. Aux extrémités des volutes se trouvent des anges qui rappellent la proue des anciens navires et sont tournés vers l’extérieur du retable. A l’origine, les iris des anges étaient creux puis on été modifiés pour être comblés à la cire. De même les nombrils ont été eux aussi comblés à la cire puis recouverts de peinture. Peut-être par pudeur, la partie basse des ventres avait été recouverte par du plâtre. De même que les peintures rouges originelles des linges habillant ces anges étaient recouvertes d’un enduit de un à trois millimètres composé de plâtre, de sable et de chaux.

•    Le troisième enfin est celui de Dieu - physiquement représenté, ce que refusent les protestants – et celui du Saint-Esprit. Dieu le Père est ici représenté en rond-de-bosse avec des mains démesurées et écartant les bras, protégeant quatre têtes d’ange, les deux anges sur la partie latérale et accueillant Saint-Étienne lors de sa montée au Cieux. Il a été modifié la taille de la bouche du Dieu le Père et comblé tous les iris des petits anges. On trouve à nouveau des faux marbres sur les parties supérieures.

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